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La trivialité et la sacralité du corps ont amené à substituer la personne à l'homme physique

sur le plan juridique, laissant ainsi la gestion de la réalité corporelle et thérapeutique à

d'autres qu'aux juristes.

S2. LA REALITE PHYSIQUE DE LA PERSONNE JURIDIQUE

Une nouvelle mise en scène de la pensée cannibale va apparaître : la maladie, après avoir été

le fait des âmes errantes puis des vengeances divines, devient localisable : il s'agit de

défendre un territoire contre une floraison d'épidémies.

Dans cet esprit, la recherche de la maladie ne s'oriente plus vers les dieux porteurs de tous

les maux mais versdes corps porteurs d'épidémies ou de malices.

C'est d'ailleurs le bourreau qui reprendra en premier le relais du prêtre en s'octroyant sa

fonction thérapeutique, en dénonçant le mal et en le séparant50: le mal avoué est détruit dans

le supplice, spectacle sacrificiel et conjuratoire, encore divin mais déjà policier.

La notion de corps de la chrétienté a déteint puisque l'on va pouvoir bientôt parler de corps

social. Effectivement, il va bientôt s'agir de défendre le corps social contre une menace

générale de destruction épidemique, ceci par la mise à l'écart de certains corps que l'on croit

fautifs.

Dans ce nouveau miroir de la pensée cannibale, il s'agit de séparer les supports du mal

destinés à nuire aux vivants. Ainsi vont agir de manière concomitante le policier et le

médecin dans un but d'épuration.

IMAGE imgs/langlois01.gif 50ATTALI, op.cit., p.81.