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La sorcière semble être une description caricaturale de l'image de la femme.

Bruno BETTELHEIM , dans saPsychanalyse des contes de fées, nous parle de ce fantasme

de la mère infiniment généreuse qui se mue en une marâtre cruelle. Loin d'être un artifice

utilisé seulement dans les contes de fées, ce dédoublement de personnalité qui permet à

l'enfant de garder intacte l'image favorable, est utilisé par beaucoup d'enfants pour

apporter une solution à un problème de relation trop difficile pour qu'il puisse le régler ou

le comprendre9.

La sorcière semble symboliser les deux aspects de la femme au foyer :

l'empoisonneuse.

la bonne mère et

La sorcière du Moyen Age est également le révélateur du statut des femmes d'une époque.

Les stéréotypes antiféminins eurent la vie dure jusqu'au XVIIe siècle. La femme faisait peur.

Sa physiologie était mal connue des médecins, et les théologiens voyaient en elle un être

inconstant qu'il fallait surveiller. Du point de vue juridique, elle était sous la tutelle du père

puis du mari, et n'acquérait une relative autonomie qu'avec le veuvage.

Les responsables de sorcellerie étaient souvent recherchés parmi les femmes ;souvent

âgées, veuves et pauvres, exclues socialement, les plus prédisposées à l'accusation de

sorcellerie jouaient un rôle particulier dans les communautés villageoises par leur

connaissance des plantes. Par la maîtrise d'un savoir oral de médecine empirique, elles

connaissaient les secrets qui guérissaient, mais on les soupçonnait aussi de connaître des

recettes pour jeter des sorts.

Parallèlement à ce savoir empirique, le savoir dit scientifique, jusque là conservé dans les

monastères, fait son apparition dans les universités et se laïcise, représenté par un nouveau

protagoniste, le savant.

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9BETTELHEIM Bruno, Psychanalyse des contes de fées,PARIS, HACHETTE / PLURIEL, 1976,p.108