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formules de recettes. L'apothicaire doit, d'autre part, vendre "à loyal, juste et modéré prix"et

il lui est interdit de vendre des "médecines périlleuses".

Comme le dit Olivier-Martin, "le trait essentiel dans cette réglementation est la soumission

des apothicaires aux médecins"17.

La pharmacie est bien, selon un certain Verdier, docteur en médecine et avocat au parlement

au milieu du XVIIIe siècle, "l'art de connaître, conserver, préparer et composer toutes les

substances propres à l'art de guérir".Mais c'est le corps de la médecine qui régente l'art de

guérir et les apothicaires ne peuvent vendre leurs préparation que sur l'ordonnance d'un

médecin.

La pharmacie apparaît alors comme un art manuel et subalterne, sous la dépendance des

médecins. Il importe dés lors assez peu que les apothicaires soient ou non réunis aux

épiciers.

Pourtant, la séparation va s'effectuer plus ou moins tôt, et sous des formes différentes.

Les apothicaires vont devenir de plus en plus exigents quant à la formation nécessaire pour

accéder à la profession. Par exemple, les statuts de Paris de 1638 restent communs aux

apothicaires et aux épiciers, mais les apprentis apothicaires sont astreints à un stage assez

long et subissent un véritable examen présidé par le professeur en pharmacie de la faculté de

médecine, alors que pour devenir épicier, il s'agit essentiellement d'une formation pratique.

Le premier pas vers la reconnaissance de l'identité des apothicaires est fait par un Edit de

Charles VIII d'août 1484 intitulé "Edit concernant l'exercice de la profession d'apothicaire

à Paris et les privilèges de corporation, chef d'oeuvre et apprentissage" qui contenait pour

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17OLIVIER-MARTIN FR.,L' organisation corporative de la France d'ancien régime, PARIS, Librairie du recueil SIREY, 1938, p.397.