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Toute science instituée appelle une contre-science, une science hors-la-loi, et il en est de

même pour cette science fraîchement instituée qu'est devenue la pharmacie.

Il est à souligner que le privilège accordé aux pharmaciens n'existe qu'à l'égard des

médicaments destinés, comme le souligne la déclaration de 1777, "à entrer au corps

humain".

Ceux-ci ne peuvent donc prétendre au droit exclusif de vendre des médicaments pour le

traitement des animaux.

Il en a été jugé que "la préparation et le débit des remèdes destinés aux animaux est permis

aux vétérinaires",25de même que "La vente des médicaments pour les bestiaux n'est punie

par aucune loi"26.

De telles dispositions vont permettre à une certaine forme de culture populaire de survivre,

par le biais de la fraude (vente de remède sous prétexte de remède animalier).

Mais il y a aussi la survie du mythe de l'homme qui connaît la nature, qui sait guérir les

animaux, et est de bon conseil pour les hommes.

Il n'est besoin que de citer la multitudedes "kalendrier et compost des Bergiers", des

almanachs et autres littérature de ce genre pour souligner la persistance de ce type de

croyance.

§2. La naissance jurisprudentielle d'une définition du médicament

Par la loi du 21 germinal an XI, les pharmaciens n'ont pas obtenu d'une façon absolue et

sans équivoque le monopole de la vente du médicament.

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25DALLOZ XIX, arrêt Paris du 19 aout 1839. 26Angers, 8 avril 1845, affaire Fouin, D.P, 47.2.50.