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Tous ces éléments vont permettre son intégration sourde dans notre système de pensée

occidentale.

§2. La ruse cannibale

Dans ses célèbres Tristes Tropiques, Claude LEVI-STRAUSS expose que l'humanité se

diviseen deux catégories :

" il y a des sociétés qui voient dans l'absorption de certains individus détenteurs de

forces redoutables le seul moyen de neutraliser celles-ci et de les mettre à leur profit,

et celles qui, comme la nôtre (...) ont choisi la solution inverse, consistant à expulser

ces êtres redoutables du corps social en les tenant temporairement ou définitivement

isolés".

Neutraliser ces forces qui menacent, les empêcher de nuire...

Or, dans ces sociétés primitives, qu'est-ce qu'être malade?

Etre malade, c'est être menacé de mourir, d'être attaqué par les âmes des morts.

Toute maladie est représentée comme possession, résultat d'un

envoûtement par les âmes

des morts, et elle produit un sentiment de culpabilité:on est malade parce qu'on n'a pas

obéi aux lois, explicites ou implicites, des âmes des morts.

Dans ce contexte, se soigner revient à combattre ces âmes qui menacent et à les empêcher de

nuire.

Ici apparaît alors ce dont Jacques ATTALI décrit comme étant une ruse superbe44, ce que

l'on peut appeler la ruse cannibale: consommer le cadavre, support de ces âmes bientôt

errantes afin de les empêcher de nuire.

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44ATTALI Jacques, L'ordre cannibale, PARIS, Grasset, PARIS, 1979, p.13.