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nom d'herbe aux sorcières semblaient des ministres de mort...Elle se hasarde pourtant, va

chercher la terrible plante...C'est la jusquiame, cruel et dangereux poison mais puissant

émollient, doux cataplasme sédatif qui résout, détend, endort la douleur, guérit souvent.

Un autre de ces poisons, la belladone ainsi nommée sans doute par la reconnaissance,

était puissante pour calmer les convulsions qui parfois surviennent dans l'enfantement...

Mais quoi! Une main maternelle insinuait ce doux poison, endormait la mère et charmait

la porte sacrée."

On est bien loin du personnage maléfique et diabolique que l'Eglise décrit !

La sorcière apparaît ici comme la guérisseuse, celle qui connaît les vertus des plantes,

bienfaisantes et dangereuses à la fois.

La sorcière exprime cet antagonisme entre culture savante et culture populaire, elle répond

aux questions et souffrances des plus pauvres, contrairement à cette science qui se développe

dont on sait qu'elle est la bonne, mais qui ne répond pas à tous les problèmes, et qui est

encore bien loin des campagnes.

Cette caricature du savoir populaire et féminin qu'est la sorcière va se faire de plus en plus

discrète au fur et à mesure du développement des épiciers-apothicaires et de leur

reconnaissance d'abord royale puis scientifique. Cependant, elle persistera. On peut citer

l'exemple de notre la Voisin, sorcière officielle des grands du XVIIe siècle, à qui, à côté des

apothicaires florissants, on viendra demander autant des remèdes et charmes de toutes sortes

que des "poudres de succession".

La corporation des apothicaires-épiciers va bientôt faire passer dans le domaine du non-dit

ce savoir ménager ou cuisinier. De bonne cuisine qu'il était, l'art de guérir va bientôt devenir

pharmacie, et les évolutions successives vont en faire un art savant. On va mettre de côté les

préceptes d'Hippocrate pour leur préférer ceux de Platon, pour qui la médecine constitue un

art véritable et la cuisine qu'une flatterie au service du corps.