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Dans ce sens, il faut citer la thèse de Madame Françoise Guilbert sur le pouvoir sanitaire

qui, s'intéressant à la science cuisinière, citera BRILLAT-SAVARIN et sa Physiologie du

goût de 1826, preuve que l'art d'accommoder les aliments est à conjuguer avec l'art de guérir

:

" Quand on voit les choses d'en haut, on peut compter jusqu'à trois espèces

de cuisine :

- la première, qui s'occupe de la préparation des aliments a conservé le nom

de primitif ;

- la seconde, s'occupe à les analyser et à en vérifier les éléments : on est

convenu de les appeler chimie ;

- et la troisième, qu'on peut appeler cuisine de réparation, est plus connue

sous le nom de pharmacie."

S2. Les interrogations face à la préparation

Il est intéressant de voir qu'alors que le droit canonique va s'interroger dès le XIIIe siècle sur

le médicament en tant que tel, le droit commun ne va pas, quant à lui, s'interroger sur le

médicament mais réprimer l'empoisonnement puis réglementer les substances vénéneuses.

En fait, l'avance du droit canonique en la matière n'a rien d'étonnant.

Contrairement au droit civil, l'Eglise fut, dès ses origines, investie d'une mission salvatrice

qui ne se limitait pas au salut des âmes : le corps, en tant que réceptacle de l'âme, devait être

entretenu et pris en compte.

C'est pourquoi l'Eglise a dû définir sa place sur le terrain de la guérison, et ainsi que le

souligne Jean-Pierre BAUD," c'est l'Eglise qui a fixé les premières règles de la légalité

thérapeutique, d'abord en luttant contre l'approche païenne de la guérison par l'eau,