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Les professions médicales s'arrachaient les corps du supplicié auprès du bourreau : les

chirurgiens et les médecins à des fins d'exercice anatomique61, les apothicaires à des fins de

préparation62.

Le Traité des drogues simples de Nicolas Léméry, où l'homme est cité parmi les drogues

simples, montre que plusieurs de ses parties, notamment ses excréments, pouvaient fournir

des médicaments et intéressaient donc les apothicaires.

La graisse humaine figurait dans les taxes officielles des médicaments des XVIIe et XVIIIe

siècle ( à Strasbourg en 1647 et 1722, par exemple), en compagnie du crâne râpé ou préparé

et de la momie63.

David Le Breton nous rapporte également les propos d'Ambroise Paré ayant entendu parlé

d'un marchand juif faisant un commerce prospère du corps et préparant de la momie,

préparation très en vogue à la fabrication complexe et méticuleuse.

Les apothicaires ont donc pu pendant longtemps acheter et vendre les produits humains au

prix de la taxe fixé par les autorités.

Il n'est même pas besoin de parler de passage du commerce clandestin des composantes du

cadavre à celui de l'homme vivant, il suffit de rappeler Fantine vendant ses cheveux puis ses

dents pour subvenir aux besoins de Cosette.

Les avancées de la médecine vont rendre possible des prélèvements et les conservations

d'organes, et les fantines modernes vont devenir légion, créant aussi un trafic.

La revue Courrier International64a d'ailleurs récemment consacré sa couverture aux

"organes humains : un marché mondial". De la Chine où l'on revend aux hôpitaux des

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61LE BRETON David, op.cit.,p.126.s.
62ATTALI Jacques, op. cit., p.111.
63BACHOFFNER Pierre, "Médicaments humains : la loi, le droit et l'histoire", Revue d'histoire de la pharmacie, 1994, nº303, p.486-488.
64Courrier international, " organes humains : un marché mondial", 6-13 mai 1998.