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signale que soixante-dix matrones convaincues d'empoisonnement furent condamnées à

absorber leur préparation jusqu'à ce que mort s'ensuivît.

A partir du règne d'Auguste et jusqu'à la fin du règne de Néron, le poison se retrouve à

chaque page de l'histoire de Rome.

Livie, épouse du premier empereur, est fortement soupçonnée d'avoir abrégé les jours de son

seigneur et maître en saupoudrant d'arsenic les figues fraîches qu'il aimait à déguster.

Avec Agrippine, Locuste entre en scène ;empoisonneuse professionnelle, appointée par le

gouvernement, elle commence par servir celle-ci en préparant une bonne sauce empoisonnée

dont l'impératrice assaisonne les champignons destinés à Claude.

Ainsi s'achemine-t-on vers le Moyen Age, entre scandales et décès.

Au Moyen Age va se développer une véritable psychose populaire qui n'épargnera personne,

et même la sage et pieuse reine Blanche de Castille sera accusée d'avoir empoisonné son

époux Louis VIII grâce à l'aide de Thibaut de Champagne.

Peu importe le bien-fondé de ces accusations :le mythe de l'empoisonneuse est en place.

Il est vrai que, comme on le verra, l'art d'apothicaireriene va réapparaître que vers le XIIIe

siècle. L'organisation professionnelle du Moyen Age verra alors deux métiers réunis en un

corps unique, celui des épiciers-apothicaires. Toute personne est à ce moment en droit de

composer ses propres remèdes.

Il est alors très simple de se procurer toutes les substances nécessaires à une composition.

Seule une ordonnance officielle de 1631 oblige tous les apothicaires et épiciers de Paris à

tenir enfermés "poisons, venins ou drogues réputés dangereux":ils peuvent pourtant en

vendre à des personnes connues, à la condition toutefois de relever le nom : ainsi peut-on, le

cas échéant, savoir quel usage a été fait des drogues ainsi acquises.