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Au moins jusqu'au XVIIIe siècle, l'habitude s'est maintenue dans les campagnes de donner

aux enfants un peu inquiets ou qui n'arrivaient pas à trouver le sommeil des infusions de

pavot.

Vers la moitié du XVIIIe siècle, J. Raulin estimait "toujours suspects les narcotiques qui

sont communément donnés aux enfants pour les calmer", tandis que Tissot, dans son Avis

au peuple sur sa santé de 1760, reconnaissait que les "remèdes tirés de l'opium ... leur sont

(aux enfants) d'une absolue nécessité".

Mieux que les sorcières professionnelles, les ménagères, les mères, les grands-mères, les

commères et les nourrices vont se retrouver initiatrices des paradis artificiels aux seules fins

de soulager leurs proches.

Mais de la drogue au poison il n'y a qu'un pas, pas que les femmes vont, tout au moins dans

l'imaginaire populaire, vite franchir.

les poisons tueurs

Celle à qui l'on fait confiance, celle à qui l'on demande apaisement et réconfort, peut, selon

l'envie et en utilisant les mêmes produits, soulager ou tuer.

En effet, la ménagère ou l'épouse, suivant les cas, a tous les éléments nécessaires en main :

la confiance de la maisonnée, la préparation de l'alimentation, l'accès aux substances.

De l'antiquité au XVIIIe siècle, l'histoire nous rapporte essentiellement des affaires de poison

dues aux femmes.

Déjà, sous le droit Romain, la loi des XII tables prévoyait le châtiment des empoisonneurs

alors qu'en 423 avant notre ère survient une véritable affaire des poisons. Tite-Live nous