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Vers la Santé Publique

Ainsi que le fait remarquer Jean-Pierre BAUD , "les piliers fondamentaux de la Santé

publique moderne sont le droit de soigner, la localisation de la santé et la volonté de

constituer un capital biologique".19

On retrouve dans la volonté royale concernant les apothicaires les prémices fondateurs de la

notion de Santé publique.

Le droit de soigner

Jusqu'à la fin du Moyen Age, la définition du droit de guérir est une prérogative

ecclésiastique. Seule l'Eglise peut condamner une pratique thérapeutique.

Or, en cette matière, c'est le roi qui, par sa seule volonté, va séparer les épiciers des

apothicaires, et va donc condamner la pratique thérapeutique des épiciers en attribuant aux

apothicaires seuls le droit de soigner.

Ce droit de guérir par la préparation des remèdes, autrefois diffus, va devenir exclusif, et

monnayable.

Les dispositions autrefois valables pour les apothicaires et épiciers furent à l'origine de

nombreux conflits au sein même de leur corporation.

En effet, les épiciers n'eurent de cesse de protester contre les restrictions apportées à leur

activité, et leurs nombreux recours devant le Parlement demandant la délimitation de la

sphère d'exercice de chacun avaient fini par porter leurs fruits puisque plusieurs arrêts

avaient reconnu aux épiciers le droit de vendre certaines drogues et médicaments simples20.

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19BAUD Jean-Pierre, L'affaire de la main volée,op.cit, p.137.
20BOUVET,Histoire de la pharmacie en France des origines à nos jours, Paris, 1937, p.280-286.