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CONCLUSION

D'abord magique, puis empirique, le médicament est devenu juridique en devenant

scientifique.

Ce sont les avancées des sciences, de la chimie, de l'industrie, qui ont poussé le droit à établir

une définition du médicament, les anciennes structures de la législation pharmaceutique étant

devenues insuffisantes à régir les nouvelles formes de l'activité pharmaceutique.

Tout acte d'énonciation, de qualification, n'est jamais innocent, tant quant à ses causes qu'en

ce qui concerne ses moyens, et peut ressusciter comme faire taire certains fantasmes tout en

mettant en oeuvre de nouvelles catégories.

En l'occurrence, cette définition de 1941, en faisant passer la matière médicale du réel à la

réalité juridique, a fait taire ce passé de magie et d'empirisme.

Quant à sa finalité, cet acte d'énonciation, provoqué par la science et voulu par les

pharmaciens, avait une finalité essentiellement économique.

Ainsi, le médicament, objet juridiquement défini, l'est devenu parce qu'il était un objet

économique.

Et ici sont apparus ou réapparus les antagonismes sur les frontières du médicament ;

d'abord, les querelles des sociétés fabricatrices pour lesquelles le juriste a du fixer des règles

de brevetabilité, puis, autre guerre entre les pharmaciens, vendeurs et épiciers, à savoir la

question du bénéfice de la distribution des médicaments de confort.

Devenu objet économique (ou justement en dehors des marchés) au sens de l'acquisition des

richesses par l'exploitation de la nature, la matière médicale ne peut pourtant pas se réduire à

être définie pour ses seuls effets sur les marchés, et c'est là qu'il nous faut nous rappeler de

l'économie selon Xénophon.