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Ce n'est que cinquante ans plus tard que Louis XIV se penchera avec plus d'attention sur la

réglementation des poisons.

Quand l'Affaire des poisons éclate, on s'aperçut que les toxiques les plus dangereux

pouvaient s'acquérir très facilement dans la plupart des officines.

On pouvait, sous prétexte de soigner ou bien de se débarrasser de simples animaux, se

procurer sans problème toute substance, comme par exemple demander de quoi faire de la

mort-aux-rats, et repartir avec un morceau d'arsenic.

Et si on ne songerait pas à prescrire du vitriol à un malade, qui s'étonnerait de voir soigner

un insomniaque avec de l'opium?

De là, la réglementation des toxiques prévue par l'Edit de juillet 1682, pris à la suite de

l'affaire, "afin d'empêcher à l'avenir la trop grande facilité qu'il y a eu jusques ici d'en

abuser".

Ainsi, si l'on découvre que l'aliment peut être à la fois médicament et poison suivant la dose

et le mode de préparation, on découvre aussi que tout poison peut être médicament, et cette

dangereuse dualité ne peut trouver meilleure illustration que dans le personnage de la

sorcière.

tout poison peut être médicament

De même qu'on a commencé par réprimer l'intention d'empoisonner à travers le crime

d'empoisonnement avant de réglementer les substances vénéneuses en elles-mêmes, la

sorcière exprime bien à travers sa personne la dualité de la préparation suivant le but que l'on

poursuit, l'idée que ce qui guérit peut aussi tuer.

Cet aparté par la sorcière nous oblige à remonter dans le temps, mais l'on verra que le même

principe se retrouve pour des sorcières du XVIIIe siècle, comme La Voisin.