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CH. 1. L'ORDRE CANNIBALE |
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Le terme "cannibalisme", formé à la fin du XVIIIe siècle à partir de "cannibale", provenant lui-même de l'espagnol canibal, altération de caribal, qui, dans la langue des Caraïbes, signifie " hardi", et, au figuré, "homme cruel et féroce", désigne le fait de manger de l'homme ( l'anthropophagie stricte), ce qui correspond toujours, dans les sociétés où l'on rencontre cette pratique, à une institution rituelle. |
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Il est à souligner qu'anthropophagie et cannibalisme ne doivent pas être confondus. Alors que l'anthropophagie désigne un acte déréglé, en dehors de toute culture, le cannibalisme en s'assimilant l'acte anthropophage, ne s'y réduit pas, car il désigne une institution, un phénomène humain stable dont la réalité anthropologique est incontestable. |
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Le cannibalisme est ainsi partie intégrante d'un système social, si bien qu'il passe pour naturel aux yeux de ceux qui le pratiquent. Ceux-ci réprouvent d'ailleurs le cannibalisme des autres, le cannibalisme "sauvage" des "étrangers", voisins ou éloignés, par le fait qu'il contraste avec les caractères institutionnels de leur cannibalisme propre. |
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Le cannibalisme n'est donc pas hors droit, dans le sens où il révèle certains aspects normatifs se traduisant par des interdits ou des prérogatives. |
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Ce caractère normatif peut se retrouver dans différents éléments, que ce soit dans le choix de la substance humaine à ingérer, ou bien dans sa préparation. |
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