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Receptaires, Trésors des pauvres, Pratiques de médecine, Recueils de secrets de médecine,

etc. s'appelaient Légion et formaient le fond de la littérature médicale".

Autrement dit, on trouve le même amalgame de formules dans un livre dont le titre semble

mettre l'accent sur les confitures et autres préparations comestibles que dans des traités

pharmaceutiques, voire même des traités d'économie domestique anciens.

Dans le même esprit, on peut s'étonner de voir des médecins comme Arnaud de Villeneuve et

Maynus de Mayneriis introduire dans leurs régimes des recettes que l'on retrouve dans les

anciens livres culinaires.

Comment expliquer cette incursion des médecins dans le domaine de la gastronomie?

En fait, leurs préoccupations sont les mêmes que celles de toute ménagère, c'est à dire la

nécessité de rendre appétissante la nourriture proposée aux patients et de connaître les

assaisonnements les plus savoureux qui permettent de soigner les troubles de l'appétit ou de

la digestion. Cela revient à dire que la ménagère comme le médecin ont la même conception

de l'alimentation et des médications.

Les sources de la cuisine et de la pharmacie au Moyen Age sont donc les mêmes, et notre

ménagère peut donc se révéler maîtresse apothicaire au foyer si le besoin s'en fait sentir.

Ce qui nous amène à nous interroger sur le rôle de la femme au foyer à cette époque, que

l'on peut illustrer à traversLe Theatre d'Agriculture et Mesnage des champsd'Olivier de

Serres.

Cet ouvrage est une sorte de guide pour bien vivre à destination des paysans.

Dans sa préface, l'auteur parle en ces termes à ses lecteurs :

" J'instruirai la mesnagère, à tenir sa maison fournie de toute chose requises, tant pour le

vivre ordinaire, que pour les provisions qui servent durant l'année. Je lui enseignerai la

vraie façon des confitures, pour confire tous les fruicts, toutes racines, fleurs, herbes,