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Ceux-ci, en offrant leur corps à la chrétienté, vont en faire des objets de culte dans la même

logique que celle ci-dessus exposée.

On peut se demander comment et pourquoi le culte des reliques va prendre une telle ampleur

au Moyen Age (en dehors de la volonté de l'Eglise).

L'Eglise n'a pas évincé le corps au profit de la seule âme mais l'a intégré dans son sillage.

Mieux encore, le corps va se révéler en tant que chose ; l'âme étant divine, sublime, le corps

devient par opposition terrestre, trivial, donc matériel.

Puisque le corps abrite l'âme, et forme avec elle une réalité, la divinité de cette âme va

déteindre sur ce corps en lui laissant une parcelle de sublime quand elle le quittera. Or, c'est

la matérialité flagrante de cette chose vidée de son contenu surnaturel qui va la rendre sacrée,

et ceci qu'il s'agisse du corps d'un saint comme celui d'un homme de la rue .

Dans le cas d'un saint, les vertus curatives des reliques résultent des relations particulières

que celui-ci entretenait avec la divinité, ce qui le différencie de l'homme du commun, car du

fait de ces relations particulières, il se trouvait plus empli de divinité, et donc une fois décédé,

plus empli de sacralité.

En reprenant les termes de Monsieur Jean-Pierre BAUD, " c'est parce qu'il est une chose

que le cadavre est sacré": le corps vidé de sa divinité se révèle dans toute sa matérialité, et

c'est justement cette matérialité qui révèle le sacré, et rend le culte possible.

Comme l'a démontré Aline Rousselle, l'Eglise va tenter d'évincer le culte des sources grâce

au culte des reliques.

Une relique, par les vertus qu'elle possède, est destinée à transférer au vivant la force vitale

d'un saint par le biais d'un culte ;si l'on ne mange pas les reliques ( du moins pas

directement), on les porte, on les caresse, on les touche, on les prie, on les embrasse. C'est

par ce même principe d'appropriation de la force de l'autre que la vénération des reliques