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Les médications des débuts de l'humanité apparaissent sans frontières et praticables par tous,

car même au XIIIe siècle, si l'on reconnaît certains spécialistes dans l'art des préparations, ce

droit de guérir n'est pas encore attribué.

Le pharmacien va donc s'approprier progressivement cet art de guérir.

Appropriation de fait, à travers la spécialisation puis la scientifisation de la pharmacie, puis

appropriation juridique.

Une appropriation juridique qui commence par l'attribution du monopole de la fabrication

des médicaments, monopole dont on précise les frontières en définissant juridiquement son

objet, le médicament.

Or le monopole et les intérêts économiques qu'il génère sur le marché de la santé ne peut

qu'attiser les industriels, et les conflits actuels entre pharmaciens et grandes surfaces ne sont

pas sans rappeler les conflits du Moyen Age entre les épiciers et les apothicaires.

La définition juridique du médicament est apparue pour défendre le monopole

pharmaceutique avant de s'intéresser à l'objet médicament en tant que tel, et il est

incontestable que les frontières tracées par le législateur entre les médicaments et nombre

d'autres produits montrent aujourd'hui leur limites, tout comme le juriste montre les limites

de son raisonnement lorsqu'il se trouve confronté aux remèdes humains.