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Quant à eux, les apothicaires avaient contesté aux épiciers le droit de confectionner et de

vendre des marchandises dans la préparation desquelles entraient de l'huile, du sucre et du

miel, mais avaient été vaincus en leur démarche par une sentence du Châtelet de Paris le 7

novembre 1425.

Constamment les gouvernants tentaient de tracer des frontières entre les différentes branches

de la communauté, mais ils se heurtaient systématiquement à la mixité de cette corporation21.

Ce n'est que Louis XVI qui, par sa déclaration de 1777, mettra fin à ces conflits d'intérêt.

Il est à remarquer que c'est dans l'intention de récompenser le zèle des apothicaires à

acquérir une certaine formation scientifique qu'une déclaration du 14 mai 1724 autorisa à

visiter les malades en l'absence d'un médecin ou d'un chirurgien.22

On peut donc se demander si ce n'est pas également pour les récompenser d'une certaine

manière que Louis XVI va décider la séparation des deux professions et créer le collège de

pharmacie.

C'est le roi qui aide les apothicaires à sortie de leur condition première et à s'élever, par des

études scientifiques, au-dessus d'un simple métier manuel.

Mais c'est également lui qui leur attribue l'exclusivité de la préparation des remèdes, et donc

l'exclusivité d'un marché déjà porteur à l'époque.

Si la séparation entre les deux professions a eu lieu, d'après les termes même de la

déclaration de 1777, pour "porter cette science( la pharmacie)au degré de perfection dont

elle est susceptible", elle avait également pour but de faire cesser ces perpétuels conflits

d'intérêts entre épiciers et apothicaires.

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21voir à ce propos le mémoire d'Emmanuel Karm,L'exercice illégal de la pharmacie, sous la direction de M. Le professeur Jean-Pierre Baud, D.E.A d'Histoire de la Science Juridique Européenne, Année universitaire 1995-1996, p.5.
22
ISAMBERT, Recueil, t.XXI, p.265.