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"quintessence". Cependant, ce pas décisif ne fut atteint que lorsque furent isolés les premiers

acides organiques à la fin du XVIIIe siècle, et surtout au début du XIXe siècle, la morphine

de l'opium, la strychnine de la Noix vomique, la quinine de l'écorce de Quinquina, la

digitaline de la Digitale.

Le recours à l'animal fut moins fréquent que le recours au végétal, mais l'évolution a été la

même : utilisation d'abord d'animaux, d'organes ou sécrétions d'origine animale, puis

extraction de principe actifs. On utilisait de la bile de boeuf, des excréments de gazelle,

testicules de chien, sirop de limace...

Si ces méthodes peuvent inspirer la moquerie ou le dégoût, il ne faut pas oublier que les

hommes utilisèrent au même titre le corps humain, et que l'évolution dans la pratique fut

identique :on commença par manger certaines parties du corps avant d'en extraire les

principes actifs, comme avec le vinage.

Les hommes trouvèrent aussi dans la matière minérale qui les entourait des substances

bienfaisantes. Dès la Haute Antiquité, le soufre fut utilisé comme purificateur, le mercure

contre les coliques de l'occlusion intestinale, les paillettes de cuivre contre les fractures du

crâne, l'argile riche en silicate d'aluminium contre la peste ;l'or, bien sûr, guérissait tout.

Cette matière première que nos ancêtres allaient chercher dans la nature n'a longtemps été

qu'un support matériel associé à des pratiques magiques, car ils croyaient à l'origine

surnaturelle des maladies et associaient guérisseurs et sorciers.

Par cette association de l'objet médicament aux pratiques magiques, on constate que dès les

origines,la matière médicale n'a pas joui pas d'une parfaite autonomie.

Le médicament est avant tout ce qu'on peut appelerun objet carrefour.