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Les cas de survivance cannibale, dans
notre civilisation, sont précipités par
les
médecins dans la catégorie de sauvetage qu'est
l'aliénation mentale et si parfois le
malentendu s'installe entre eux et les magistrats, ce n'est
que pour des questions
d'étiquetage. Criminels ou fous, assimilés
à du déchet humain, sont jetés dans
des
puisards microcosmiques qui forment, dans
l'humanité, autant de mondes
purgatifs qu'il est nécessaire à une saine
civilisation.
"Les peuples civilisés
résistent ; ils épuisent toutes les
ressources, et ce n'est que
dans des conditions excessives qu'ils se décident
à manger leurs morts ou même à
tuer quelqu'un d'entre eux". 147 Voilà pour les autres, sains d'esprit et
de morale
qui, l'occasion faisant le larron, sont plongés le
plus souvent par la guerre, dans
une anthropophagie de secours où déjà
se profile un ordre : d'abord les morts, puis
les vivants, triés. Le plus difficile à
imaginer étant sans doute une société
sans ordre
aucun.
Il semble bien que l'ordre
alimentaire, d'ailleurs, organise aussi
fondamentalement la société que l'ordre
faunéraire. Voyons, pour nous en
convaincre, à quelles lois obéit la
restauration des corps et ce qu'en contrepoint, elle
normalise dans la prise en compte du corps de
l'homme.

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147 Dr. MARTHA,
"Boucheries anthropophagiques", C.M.,
(1907), p. 236.
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