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En avril 1915, l'adjudant Péricard se porta volontairement au-devant de
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l'ennemi. Ne voyant plus que morts et blessés autour de lui, il galvanisa ses
hommes en poussant ce terrible cri dont parle déjà Schiller dans son Histoire de la
guerre de Trente ans 49.
Ces épisodes guerriers véhiculent une complexité symbolique qui dépasse cette
étude, mais l'englobe. Dans sa fureur guerrière, l'officier a trouvé d'instinct la
formule efficace : les vivants, se sentant confondus avec un état qui les menace,
vont jaillir pour faire éclater la force de leur différence.
C'est ce même élan extractif qui va mobiliser la société dans un combat où le
chimérique avoisine la plus atroce réalité.
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Dans le domaine des morts apparentes, la légende court vite. Entre Vésale qui
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aurait autopsié vivant un gentilhomme de Philippe II et l'abbé Prévost (l'auteur de
Manon Lescaut) qui, lui, aurait été l'autopsié vivant, il faut pouvoir distinguer les
cas authentiques.
Une catégorie d'erreurs sur la mort concerne les femmes décédées en accouchant
et sur lesquelles les médecins, pratiquant une césarienne 50 pour extraire et faire
baptiser l'enfant, observent des réactions. Quelquefois, ce sont les pilleurs de
tombes qui sauvent leurs victimes et ils en meurent parfois de frayeur.


48 A. ARTAUD, L'art et la mort, Oeuvres complètes, Gallimard, I, 1976, p. 123.
49 "Steht auf von den Todten", (II,3), cité dans C.M., (1923), p. 23.
50 Il est arrivé que les médecins refusent d'ouvrir (sic) les femmes quand la grossesse n'était pas
assez avancée. Un jour, un curé acharné à vouloir baptiser le fruit d'une grossesse de cinq mois,
devant le refus du médecin, envoya chercher un maréchal ferrant qui fit "une terrible incision au
cadavre, incision que la belle-mère de la défunte agrandit avec ses mains pour en tirer un foetus
mort comme la mère qui le portait" - Extrait de la Revue de l'Armorique et de l'Ouest, (5 fév.
1846), cité dans HPML, XXXV, (1846), p. 445.
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