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l'ébullition prolongée et la haute température à laquelle cette graisse avait été
soumise n'étaient pas capables de détruire tout principe de contagion, si toutefois
elle en contenait, ce qui est plus douteux"
133. D'ailleurs, en cette affaire, tout
l'étonne : "Il est surprenant que l'administation n'ait pas eu plus tôt connaissance de
ce commerce, fait par les garçons d'amphithéâtre, car ils n'en faisaient pas
mystère ; ils accumulaient ces graisses et les faisaient fondre devant tout le monde,
et dans les pavillons mêmes de la faculté de médecine"
134; il les avait vus, de ses
yeux, confectionner les innombrables lampions des noces impériales et jugeait tout
ce tapage plus singulier que sérieux.

Rappelons-nous que l'année même et sans doute dans la foulée, les amphi-
théâtres d'anatomie furent supprimés et centralisés en deux pôles bien policés. A-t-
on trouvé, dans cette sombre affaire, l'occasion de prévenir les éventuelles protes-
tations des petits patrons d'amphithéâtres ? A t-on eu peur qu'après la dénonciation
du trafic à la police, l'auteur n'ameute le peuple de Paris, toujours sensible aux
questions d'égalité ?
135

Le huis clos fut justifié par ces deux raisons : ne pas effrayer le public et ne pas
ameuter le peuple. Or, il semble bien que cette histoire était alors un véritable secret
de polichinelle, puisque même les journaux étrangers les plus sérieux comme The
Lancet
136en ont parlé. Peut-être le public crut-il à une rumeur fabriquée de toutes
pièces pour détourner son attention des affaires politiques.

En 1917, l'information que les Allemands utilisaient industriellement les
cadavres circula et s'amplifia. Voici un document, publié par le Timesdu 17 mai,
qui confirma d'ailleurs ceux publiés par l'Intransigeantdu 18 avril de cette même
année :


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133PARENT DUCHATELET, ibid., p. 271.
134Ibid., p. 272.
135Voir plus loin "le boeuf à la mode des barrières".
136Périodique médical anglais, référence universelle dès cette époque, pour les médecins et les
hygiénistes. Cf. C.M., (1910), p. 155.
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