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chauffe des navires où l'on mourait de chaleur, les cuisines de restaurant où
régnaient de "températures sénégaliennes"
250, les mines etc...

D'autres denrées alimentaires que la viande connurent un développement
considérable grâce au froid : le lait, les oeufs, et les prolifiques fromages, le
poisson et même les bananes qui commencèrent là une brillante carrière, sublimée
un peu plus tard par le Banania colonial, indétrôné.

La médecine elle-même vit s'ouvrir des perspectives immenses : en
cryothérapie générale et locale
251, en dermatologie (emploi du crayon carbonique
neigeux), sur la conservation de certaines parties de l'oeil à l'état de survie, en
histologie et dans la conservation des vaccins, réglementée dès 1904
252.

Une fois de plus, les viandes, confondues dans le profit rationnel, s'emmêlent
et menacent d'écroulement les grandes catégories ontologiques qu'a sécrétées la
civilisation. Au milieu du XIXème siècle, deux chimistes, les Gannal, illustrent
étonnamment ce trouble voisinage. Le Dr. Gannal, auteur d'un traité sur la mort
réelle (1868) et de divers opuscules sur les embaumements avait pour frère un
chimiste Adolph A. Gannal, qui avait créé en France et en Russie de grandes usines
de fabrication de conserves alimentaires
253.

Cette ambiguïté des sciences va cependant connaître un champ de bataille
beaucoup plus disert sur la difficulté qu'éprouve la civilisation à ordonner l'activité
des savants.


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250Dr. L. REUSS, "Les cuisines de restaurants parisiens", HPML, XXIII, (1890), p.482.
251Le grand spécialiste en est le Dr. L. LORTAT-JACOB dont on peut lire avec profit "Les
applications du froid à l'hygiène", SMP in RHPS, XXXIV, (1912), p. 809.
252L'arrêté ministériel du 28 mars 1904 oblige à en faire usage dans un délai de 40 jours.
253Cf. C.M., (1905), p. 411.

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