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Quant aux décalages possibles entre ces assises pathologiques et la
manifestation du trouble chez l'homme en déplacement, on l'expliquait par une
période de latence qui variait suivant beaucoup de circonstances et surtout en
fonction de l'affection morbide.
De toutes ces lois biologiques, se dégagèrent deux autres que Boudin défendit
avec ardeur vers la moitié du XIXème siècle : la loi d'affinité et de coïncidence
géographique qu'expliquait le règne concomittant de deux maladies (alternatives ou
simultanées) ; la loi d'antagonisme géographique qui fit couler beaucoup d'encre
et rendait incompatible (plus ou moins) l'existence de certaines maladies en
présence d'endémies exclusives.
Suivaient la loi de coïncidence : goître avec crétinisme ; typhus avec gangrène
d'hôpital ; fièvre jaune, peste et choléra avec les fièvres intermittentes ; phtisie avec
fièvre typhoïde. Phtisie et fièvre typhoïde étaient incompatibles avec la fièvre
palustre, d'où l'invention d'une troisième loi dite d'immunité.
Avec l'application de ces lois, on supportait un grand nombre d'exceptions,
mais de la façon dont on admettait la différence d'efficacité dans une thérapeutique.
Cette élaboration normative servait en fait à soigner la complexité et permettait
d'esquisser une action curative harmonisée, à défaut de prophylaxie efficace.


59 CLELLAND, Geologie of Kemaon, Calcutta, 1835, cité par BOUDIN, op. cit., p. 302.
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