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Les effectifs étaient à peu près semblables : 512 000 hommes en France et
514 000 en Allemagne (corps bavarois non compris et pour l'année 1899).
Conforté dans l'idée qu'"au fond le microbe est le même pour tout le monde" 52
et que les maladies sont désormais évitables, l'hygiéniste militaire français allait
envier son équivalent allemand. En Allemagne, le service de santé était une arme
spéciale qui faisait autorité alors qu'en France... on le consultait ! Et de demander la
constitution du service de santé en arme autonome "respectée à l'égal de toutes les
autres, indépendante comme elles dans son champ particulier, pourvu de tous les
moyens d'action dans les choses de sa compétence" 53.
Le tissu militaire, contrôlé dans sa réceptivité spécifique par la science, était
pourtant loin de perdre sa teinture en matière d'institutions. Claquant comme un
drapeau, le discours d'un commandement ivre de la quantité d'hommes désormais
sous ses ordres et de la proximité d'une guerre aussi inévitable que la contagion des
casernes, ignorait et prenait soin de faire ignorer ce que faisait perdre en hommes
tous les ravages colonialistes.


51 J.O. du 26 novembre 1902, nº 322, reprenant une étude publiée par la Gazette de Cologne
52 E. VALLIN commentant un ouvrage de MARVAUD, RHPS, XV, (1893), p. 1102.
53 F.H. RENAUT, RHPS, XXVI, (1904), p. 849.
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