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pathologie de l'encombrement donnait aux maladies qui sévissaient à la caserne une
allure endémique qui fit croire longtemps que l'armée seule véhiculait certaines
maladies comme par exemple la fièvre typhoïde 40.
Mais cette discrimination, inscrite dans la pierre des hôpitaux militaires,
correspondait à l'idée, qui s'était peu à peu forgée, de la spécificité des maladies
militaires. Les nombreux traités sur les maladies du soldat en portent à eux seuls
témoignage.

La teinture militaire
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"On appelait l'art du teinturier l'art de
l'infecteur : la puanteur de la toile était en
raison directe de sa coloration" 41
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Ces morts sans gloire,qui accablaient le militaire, n'étaient pas comme celles
des autres gens et si elles leur ressemblaient, elles en donnaient un tableau si
intense, qu'elles en redevenaient par là spécifiques. Quelquefois, les épidémies de
casernes , plus ou moins graves, sévissaient sans que les villes alentour n'en
souffrent. D'autres fois, l'épidémie était générale, mais touchait davantage la
caserne. Ainsi, l'épidémie de choléra de 1832 avait fait plus de dégâts chez les
militaires.
Décès sur 1 000
individus
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- Population civile..................................
- Garnison...........................................
- Vétérans............................................
- Garde municipale.................................
- Sapeurs-pompiers................................
- Prisonniers civils.................................
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21,8
25,8
36,3
13,7
30,0
22,0
42
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Les maladies "endémiques" y tuaient considérablement plus que dans le civil :
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Armée
259
39
7,7
27
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Population civile
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- Fièvre typhoïde........
- Variole..................
- Scarlatine...............
- Rougeole............
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137
6
3
0,8
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43
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La tuberculose frappait avec une grande intensité à la caserne. Longtemps
attribuée à l'air confiné des chambrées, cette maladie le fut ensuite au surmenage
que le raccourcissement de la durée du service intensifiait. Au début du XXème


40 Fièvre longtemps confondue avec le typhus pétéchial et la fièvre à rechute, distinguées en 1863
par MUCHINSON (un Anglais).
41 F. DELAPORTE, op. cit., p. 146
42 BOUDIN, "Etudes sur l'état sanitaire et la mortalité de l'armée", HPML, XLII, (1849), p. 327.
Les chiffres sont donnés pour Paris.
43 LAVERAN, "Recherches statistiques sur les causes de la mortalité de l'armée servant à
l'intérieur", HPML, XIII, (1860), chiffres confirmés par les statistiques officielles de 1861.
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