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pathogène, ont pu trouver dans l'organisation rationnelle et esthétique de ce qui était
alors l'image d'une agriculture moderne, humaine et civilisée, la projection végétale
de ce qui pouvait être bon pour des corps.
Cette architecture révolutionnaire, sécrétée par une croyance venue du grand
mythe de l'émanation putride, en disséminant l'habitat microcosmique, va
bouleverser les conduites et préparer les chemins déjà profilés de la pastorisation.
La retrempe pastorienne

A une époque où il est courant de parler de moins-value sociale à propos de la
maladie et de non-valeurs pour des militaires qui montrent une quelconque
faiblesse physique, la dégénérescence est chose établie. La défaite de 1870 en a fait
plus que jamais prendre conscience en révélant brusquement la fragilité de la patrie.
Or Pasteur va cristalliser les aspirations régénératrices de l'hygiène qui veut
désormais retremper la race et la multiplier.

Les odeurs conduisent aux micro-organismes

Frappé par les remugles des dortoirs de l'école vétérinaire d'Alfort contre
lesquels grattages et lessivages ne pouvaient mais, O. du Mesnil, hygiéniste illustre
de la fin du XIXème siècle, soupçonne soudain les planchers d'imprégnation par
les matières organiques. Sans plus tarder, il porte un échantillon d'une lame de
plancher au laboratoire municipal, cette sorte de commissariat hygiénique dont se
dotent à grand peine les villes de l'Europe entière. "Cette lame de parquet a été
raclée pour obtenir l'enduit de poussière, puis rabotée de manière à pouvoir
examiner les couches superficielles du bois. La poussière a été ensemencée dans du
liquide de Raulin et dans du bouillon de poulet par notre collègue Pabst" 93. Or,
que révèle cette nouvelle cuisine-prolongement de l'appendice nasal ? Le bouillon
est formel : on a affaire à des bactéries qui tuent les lapins par septicémie lente.
Sous l'effet conjugué du bouillon et du microscope, la vieille théorie de
l'imprégnation redore son blason et c'est alors qu'un nouvel engouement va
prendre le départ.
Il va falloir faire lisse, c'est-à-dire imperméable. Les planchers seront cirés,
paraffinés. Les lits des casernes, comme ceux des hôpitaux banniront les châlis
imprégnés de miasmes et seront en fer. Tout sera en fer autant que possible. Non
seulement le fer est à l'avant-garde de la mode, mais il concrétise le désir qu'ont
tous les hygiénistes de pouvoir flamber toute chose suspecte.
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Mais certains médecins trouvent qu'on exagère avec les microbes.
Toutes les théories sur le miasme, produit d'une décomposition, aboutissent
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généralement à la conviction que beaucoup de maladies passent par la contagion. Le
problème n'est pas tant d'admettre cette thèse que de trouver une explication aux
surgissements brusques et soudains de certaines affections, dont on admet la
contagion subséquente. Alors, pourquoi ce que Peter a fort justement appelé la


93 O. DU MESNIL, Discussion à la S.M.P. sur un rapport de ROCHARD sur la construction des
hôpitaux, RHPS, V, (1883), p. 233.
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