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Au cabaret, les exemples de Coupeau et de Gervaise 21ne manquent pas : "On
peut les voir abruties, muettes, immobiles dans un coin du débit comme des
statues, puis chancelant tout d'une pièce, les plus ivres soutenues par les autres qui
leur servent de supports"
22.

Voici le carnet de dépenses alcooliques d'un "Coupeau", trois jours avant son
entrée à l'Hôtel-Dieu. Le couvreur y mourra des suites d'une fracture du crâne qu'il
s'était faite en tombant ivre d'un toit, comme dans le roman de Zola.

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23

Le lundi est un jour noir pour les patrons. Même si l'ouvrier vient travailler, il
provoque souvent des accidents et les chemins de fer n'échappent pas à cette règle :
"Un haut fonctionnaire de la Compagnie de l'Ouest me dit qu'il évite de voyager les
jours de fête et le lundi. Ce dernier jour est plus dangereux que les autres. Il a
constaté que les accidents arrivaient le dimanche soir et le lundi"
24raconte le
docteur Brunon.

Les entrepreneurs prétextent de cette faiblesse "nationale" pour embaucher des
étrangers qu'ils paient moins cher. Dociles et sobres, les Piémontais provoquent la
colère des ouvriers normands qui se mettent en grève pour les faire renvoyer.

Parti d'un syndrome culturel, le phénomène s'était emballé et touchait
massivement la "civilisation des usines et des gares"
25. L'alcool soutenait
désormais le "soldat du travail" dans un pays où l'abondante production
26et la
fragilité économique du monde vigneron rendaient toute prohibition paradoxale.


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21Voir à ce propos : R. BRUNON, "Les femmes et l'alcoolisme", Le Bulletin médical, (1911),
p. 627 et Dr. CAMESCASSE, "Ivrognes femmes", RHPS, XVII, (1895), p. 6O3.
22BRUNON, id.
23BRUNON, (1899), id., p. 438.
24Ibid., p. 440
25Ch.L. PHILIPPE, Bubu de Montparnasse, Paris, 1901, p. 94.
26Encore augmentée par la colonisation agricole de l'Algérie.

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