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La nécessité de construire toute une variété de sanatoriums était reconnue 69,
mais ceux qui furent destinés aux pauvres respectaient les trois grandes règles de
"la Mecque des phtisiologues" (Knopf) : l'alimentation, l'aération et le repos.

Ces normes fondamentales, établies pour Falkenstein (Allemagne),
supposaient l'abondance et s'appelaient officiellement le traitement hygiénico-
diététique de la tuberculose
.

Malades dutravail industriel, les pauvres devaient en être soustraits, c'était
l'évidence. Mais pour combien de temps ? Le dépistage précoce, qui donnait plus
de chances de guérison, s'imposaitenmême temps que la multiplication des
dispensaires. "Avant la fièvre, avant l'amaigrissement, avant l'expectoration
bacillaire"
70, les conditions d'admission pour vivre comme les riches étaient
strictes mais donnaient accès aux chaises longues, au grand air et à la
suralimentation.

Voici le régime auquel Dettweiler (un des fondateurs avec Brehmer des
sanatoriums allemands) soumettait ses malades :
"Le matin, entre sept et huit heures, du café, du thé ou du cacao, suivant les
indications ; on prend en même temps à discrétion des biscuits au beurre, des petits
pains beurrés,une pâtisserie tendre et peu grasse ; ensuite un verre de lait par
gorgées.
A dix heures, un ou deux verres de lait, bus par gorgée, ou un petit flacon de
koumys avec pain beurré.
En certains cas : bouillon avec oeufs et pain beurré, ou viande froide avec pain
beurré et un verre de vin, si possible, encore un verre de lait.
Dîner à une heure. On prend de tous les plats, c'est-à-dire : rìti, légume,dessert.
En outre, du vin coupé soit avec de l'eau de Seltz, soit avec de l'eau de Kronthaler.
L'après-midi, à quatre heures, unverre de lait fraîchement trait ou de koumys, un
petit pain beurré et fourré qu'on prend avec du vin ou du cognac.Le soir, entre
sept heures et sept heures et demie, de la viande chaude avec pommes de terre, riz,
nouilles ; un plat de viande froide, du saucisson fin, de la volaille avec salade et
compote ; en plus du vin.
Le soir, tard, un verre de lait avec deux ou trois cuillerées à café de cognac" 
71.

A cette politique alimentaire s'adjoignit une stricte discipline du repos. On
interdisait même aux tuberculeux de préparer des examens scolaires.

Cependant, la profusion elle-même avait ses limites et certains sanatoriums,
tout en encourageant la participation des visiteurs à la fourniture accessoire
d'aliments, essayaient d'éviter les drames digestifs.


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69BROUARDEL et G. GRANCHER, "Les sanatoriums et leurs variétés nécessaires",HPML,
XLII, (1899), p. 5 à 19.Voir également : R. BRUNON, "Le traitement des tuberculeux indigents.
Les sanatoriums de fortune", HPML, XLVIII, (1902), p. 358 à 377.
70Id.p. 14.
71P. BROUARDEL, "Prophylaxie de la tuberculose et sanatoriums" HPML, XLIII, (1900),
p. 415 et 416.

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