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une industrie insalubre. Si on est arrivé trop tard pour l'empêcher de construire son
usine, il faut user du droit qu'on a de l'empêcher d'écouler ses produits."
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Le sanatorium était un moyen de mettre les pollueurs à la campagne tout en
les soignant par le bon air et le soleil. L'essentiel de la problématique est contenu là
dedans. Comment aurait-on pu enrayer la mise en place d'un processus aussi
salvateur ? Qu'importaient les piètres résultats thérapeutiques, le sanatorium avait
bien autre chose à dire avec ses pierres savamment architecturées.
Significativement, il tenait le discours des "à l'envers" et en établissait
magnifiquement les règles et les buts.

  1. La purification du monde


Ce que l'euphémisme faisait appeler prétuberculeux et qui devaient aller au
sanatorium, étaient en fait, pour la plupart, des tuberculeux confirmés. Repoussés
par les hôpitaux, dangereux pour leur voisinage, ils étaient les victimes toutes
désignées de l'isolement et, en cela, le sanatorium avait très justement pu être
comparé aux léproseries du Moyen-Age.


L'harmonie du rejet


La Tour Eiffel, ce bastion de l'orgueil national, n'est pas seulement par sa
dentelle de prises d'air et sa matière qu'on pourrait flamber, le monument
antimiasmatique par excellence, elle est aussi un mirador. De là-haut, on va
observer l'airde Paris. La nuée de poussière et de fumées s'élève à 150 mètres du
sol. La ville est un véritable enfer atmosphérique. A une pollution industrielle qui
défie en permanence le décret de 1810 sur les établissements classés, se mêlent les
nuisances des gaz de la respiration des gens entassés : "les nombreuses vapeurs,
odeurs et vapeurs toxiques, septiques ou méphitiques, incessamment déversées
dans l'atmosphère, où elles stagnent lentement, par les trois millions d'hommes qui
butinent et s'agitent dans la cuvette parisienne", s'ajoutent à la poussière, cette
traduction visible du microbe.

Sursaturée d'insalubrité, la capitale va voir dans les cracheurs, les derniers
primitifs jetant impunément leurs ordures sur la voie publique. Les expériences
scientifiques extrêmement nombreuses et souvent contradictoires sur le pouvoir
infectant de la poussière, entretenaient l'hostilité et vers 1900, le rejet social
s'organisa. Des affiches et des plaques émaillées firent d'une attitude anciennement
naturelle un comportement sanitairement délictuel :


"Lutte contre la tuberculose"
"Le public est prié de ne pas cracher sur les trottoirs"


En même temps, la récolte fut organisée et les crachoirs, dont la technicité
s'améliorait d'année en année, ornaient désormais les lieux publics. Grandes
mélangeuses, les gares furent les espaces les plus rapidement policés. Certaines
compagnies de chemin de fer avaient même engagé des infirmiers professionnels


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58E. DUCLAUX, L'hygiène sociale,op. cit., p. 268.

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