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que par les odeurs, conduite tout à fait inadaptée à l'ère pastorienne). Cette même

loi accrut considérablement le droit réglementaire des conseils municipaux.


Cependant, le système des subventions obligeait généralement tout le monde

à s'entendre.


Un décret du 5/1/1888 créa une Direction de la Santé publique qui passa du
ministère du Commerce et de l'Industrie (auquel l'hygiène était rattachée depuis
1831 parce que l'Assistance publique l'était !) à celui de l'Intérieur. Ceci permit un
meilleur suivi des affaires puisque les municipalités toutes puissantes
11et les

préfets en dépendaient aussi.


En 1902, la grand loi de santé publique ordonna la création de Bureaux
d'hygiène aux maires des villes de 20 000 habitants et plus. Ils devaient aussi
nommer les directeurs de ces nouveaux commissariats. La loi recommandait
également aux préfets de nommer des inspecteurs départementaux. Dix ans après,
trente-deux départements n'avaient même pas encore d'inspection d'hygiène
12. Le
rapport de l'inspection générale des services administratifs de 1909 montrait que
seulement la moitié des bureaux d'hygiène prévus par la loi étaient créés. Or, ils
étaient chargés de tâches très importantes concernant les maladies infectieuses
(déclaration, désinfection, vaccination, etc.). Le plus souvent dirigés par des

médecins, ces bureaux confirmaient le rôle essentiel de la médecine.


Rôle officiellement consacré, dès 1820, par la création de l'Académie de
médecine, dans l'intention de former là un Conseil pour le gouvernement en matière
d'hygiène publique. On verra, au cours de ce travail que cette fonction ne lui a
jamais été contestée et qu'elle prenait même autorité, dans l'esprit des tribunaux,
sur les conseils spécifiques et en particulier sur le Comité Consultatif d'hygiène

publique de France, la plus haute instance de l'hygiène.


Nous montrerons aussi, ultérieurement, le rôle accélérateur de la première
guerre mondiale dans l'institutionnalisation de l'hygiène, et comment les
hygiénistes aboutirent, en 1920, à un rêve longtemps caressé : un ministère de
l'Hygiène, de l'Assistance et de la Prévoyance Sociales
13.


Pour bien comprendre le rythme des mutations institutionnelles, il est
nécessaire de savoir qu'elles venaient toujours après de longues et âpres
discussions, souvent déclenchées par l'envie de ce qui se passait alors en
Angleterre, Grèce de l'hygiène. C'est qu'il ne s'agissait pas seulement d'hygiéniser

mais bien au-delà de ce seuil nécessaire, de civiliser.


Or, civiliser c'est donner une discipline à l'humanité pour qu'elle vive en
harmonie avec des idéaux souvent complexes. C'est dire que les objectifs du

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11Les sanctions étaient cependant insuffisantes puisqu'elles étaient prises en fonction des art. 471

et 474 du C.P. qui punissaient d'une amende d'1 à 5 F. les contrevenants (un emprisonnement de

trois jours était possible en cas de récidive).

12Les départements de la "honte" hygiénique, montrés du doigt dans les revues n'étaient pas les

mêmes que les négligents qui ne donnaient aucun budget à leurs Conseils d'hygiène et de salubrité.

Voir à ce propos, par exemple, Docteur E. BRIAU, "Recensement des fonctionnaires de l'hygiène
(créés par la loi du 15/2/1922), leur passé et leur avenir", RHPS, XLIV, (1922), p. 663.

13Le premier ministère de la Santé date de 1930.

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