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mentalités. Ce qu'il faut en retenir et que nous démontrerons au cours de cet essai,
c'est qu'elles élaborent tout un système de normalisation "classique" avec une
instance législative (le Comité Consultatif d'Hygiène Publique de France) qui ne
craint pas de remplir des fonctions "judiciaires" et rend des avis que les hygiénistes
appellent souvent, sans détour, des "arrêts" formant "jurisprudence" et sans

déguisement encore : une organisation de police sanitaire, véritable double de
l'autre avec ses commissariats (les Bureaux d'hygiène) et ses inspecteurs (très

divers).

Parallèlement, une normalisation des mentalités, elles aussi, toujours en
travail, s'évertue à brasser les grands mythes organisateurs des croyances avec les
novations scientifiques et la disponibilité juridique que lui offre, de temps à autre, le

pouvoir politique.
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Voyons, sommairement, l'évolution de l'appareil hygiénique.

Savoir disséminé sur la santé, l'hygiène était depuis longtemps une
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préoccupation médicale et la Faculté de médecine jouait de temps à autre le rôle de
conseil auprès du pouvoir politique quand il était question de police sanitaire. En
bref, tout était en germe bien avant la naissance officielle de l'hygiène, quand la

Chaire d'hygiène fut créée.

En 1794, l'hygiène et la physique médicale furent réunies en une seule
chaire dont Jean-Noël Hallé fut le premier titulaire 7. C'était un grand spécialiste de

la question (il est l'auteur d'un traité réimprimé jusqu'en 1855).

Le 18 messidor de l'an X (juillet 1802), un arrêté du préfet de police
Dubois créa le Conseil de salubrité de Paris avec pour membres, des sommités :
Parmentier (agronome), Dupuytren (chirurgien), Deyeux, Huzard père, Leroux,

Thouret et Cadet de Gassicourt (d'une illustre famille de chimistes).

Ce conseil servit de modèle à plusieurs villes (Lyon-1822 ; Marseille-
1825 ; Lille et Nantes-1828 ; Troyes-1830 ; Bordeaux, etc.), jusqu'à ce qu'en
1848, des Conseils d'hygiène publique et de salubrité soient établis dans chaque
arrondissement, avec dans chaque chef-lieu un conseil central. Des Commissions
d'hygiène ou de simples correspondants pouvaient être institués dans chaque
canton. Le Conseil de salubrité de Paris prit le titre de Conseil d'hygiène publique
et de salubrité du département de la Seine, bénéficiant d'un régime spécial, aisément

compréhensible.

Tout ce branle-bas d'institutions (sans budget pour beaucoup 8) installait
dans la fonction d'hygiéniste, des médecins, des pharmaciens ou chimistes, des
vétérinaires, des ingénieurs, des agriculteurs ou industriels. Le préfet les nommait
pour quatre ans. S'y ajoutaient de droit le médecin des épidémies, l'ingénieur en
chef des mines, l'ingénieur en chef des ponts et chaussées, l'intendant militaire et


7 Les suivants furent : BERTIN, ANDRAL, DESGENETTES, ROYER-COLLARD,

BOUCHARDAT, PROUST, CHANTEMESSE, L. BERNARD (1920), etc.

8 En 1879, E. VALLIN signale encore 20 conseils départementaux qui ne figurent pas pour la
moindre somme dans le budget départemental, "Les doléances des Conseils d'hygiène", RHPS, I,

(1879), p. 874.

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