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En Prusse, les mêmes calculs avaient été faits sur le personnel religieux
(catholique) des hôpitaux et en 25 ans, 63,88 % des décès pouvaient être attribués
à la contagion hospitalière de la phtisie.
42

Déculpabilisée, la poussière laissa la place aux fines gouttelettes de salive
bacillifères que le tuberculeux projette en parlant ou en éternuant à 1 mètre à la
ronde.
43Cette zone maudite servit à déterminer l'écartement des lits dans les
hôpitaux et renforca l'usage des crachoirs et des mouchoirs en papier.

Cependant, face à une asepsie du milieu ou de l'individu qui était affaire
d'éducation des malades et des soignants, et sous-entendait la confiance,
l'isolement apparaissait comme le légitime complément de la prophylaxie.

"Von Leube redoute les infractions des malades, les défaillances du
personnel, et je pense que nous pouvons partager ses craintes et considérer, avec
lui, comme un acte de légitime prudence l'isolement des tuberculeux dans les
hôpitaux généraux."
44

Mais comment faire : isolement collectif ou individuel ? Dans les hôpitaux
ou un isolement par salle était réalisé, la clientèle ne voulait plus venir et il y eut
bientôt plus de tuberculeux dans les salles réservées aux non tuberculeux que dans
les salles spéciales!
45

Devant l'impossible enfermement dans l'enfermement hospitalier, l'idée de
faire un hôpital spécial dont on se récriait à l'avance qu'il ne serait pas une
tuberculoseriefaisait son chemin. Il fallait pouvoir écarter au moins les
tuberculoses ouvertes.

En 1903, une Commission permanente de préservation contre la
tuberculose
, instituée au ministère de l'Intérieur, reprit l'étude et fit prendre au
président du Conseil, une circulaire (15/1/1904) destinée aux préfets, qui les
obligeait à organiser l'isolement par hôpital quand cela était possible ou par
quartiers ou par salles dans les plus petites localités. Un personnel infirmier spécial
devait lui être affecté.

Cette grande redistribution dans l'enfermement ne négligeait pas l'asepsie et
présentait la création d'hôpitaux spéciaux comme une façon de mieux soigner les
tuberculeux. C'est qu'il ne fallait pas affoler la clientèle et le personnel soignant :

"Il s'agit ici, avant toutes choses, et tout en préservant l'entourage de la
contamination bacillaire, de traiter le tuberculeux, de l'assister, d'instituer le
traitement précoce de ceux des membres de sa famille qu'il aura contaminés, de
préserver de la contagion ceux qui en sont encore indemnes, d'assainir son
logement, il s'agit, en un mot, de faire de l'assistance aux phtisiques le point de
départ et le pivot de la lutte contre la tuberculose, maladie populaire."
46


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42CORNET, "Die Sterblichkeitsverhältnisse in den Krankenpflegeorden", Zeitschrift für
Hygiene, VI, (1889), p. 65.
43FLUGGE fit cette démonstration avec ses collaborateurs et élèves (Neisser entre autres) vers
1900.
44E. MOSNY, "L'hospitalisation des tuberculeux", HPML, II, (1904), p. 32 (parlant d'un grand
phtisiologue allemand de l'époque).
45A. LEFERRE, "Discussion sur l'hospitalisation des tuberculeux", S.M.P., 24/2/1904,
également dans RHPS, (1904), p. 230 et suivantes.
46MOSNY, id., p. 46.

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