4) Etudes par diffraction raction
de neutrons (9)
Les expériences de
diffraction des neutrons dans l'eau lourde (D20) dans une échelle de
températures allant de 380 à 500°C et de pressions allant de 200 à 900 bars,
permettent la connaissance du facteur de structure statique et de la fonction
de corrélation intermoléculaire. Ces
notions apportent des renseignements sur la structure de l'eau à l'état
supercritique. Ainsi, les résultats
expérimentaux sont comparés avec d'autres résultats expérimentaux et avec des
simulations moléculaires informatiques utilisant le potentiel appelé SPC/E
(extended simple point charge). Ces
résultats mènent à la conclusion que le réseau de liaisons hydrogène est encore
présent dans l'eau à l'état supercritique, résultats particulièrement en accord
avec les simulations moléculaires.
a) Généralités
La méthode de diffraction de
neutrons intervient lorsque les méthodes de diffraction de rayons X et
d'électrons deviennent inefficaces. En
effet, pour ces deux dernières, l'intensité de la dispersion dépend des numéros
atomiques des atomes dispersés. Ainsi,
les positions d'atomes d'hydrogène sont moins bien définies que celles d'atomes
plus lourds, et cela peut même être le cas d'atomes tels que le carbone ou
l'oxygène. C'est ainsi que la diffraction
de neutrons devient utile. Les
intensités de dispersion des neutrons ne sont reliées d'aucune façon aux
numéros atomiques et ne sont pas les mêmes pour les différents isotopes du même
élément, la dispersion des atomes lourds n'est donc pas plus importante que
celle des atomes plus légers. En
particulier, la dispersion par le deutérium est semblable à celle par les
atomes lourds typiques, et c'est pourquoi
la diffraction de neutrons a
une grande importance dans les études des liaisons
hydrogène et des ligands
hybrides dans les complexes des métaux de transition. D'autres caractéristiques importantes de la diffraction de
neutrons sont que les facteurs de dispersion sont constants, et ne diminuent
pas avec l'angle de diffraction, les neutrons sont très pénétrants mais les densités de flux pour les neutrons à vitesse
convenable sont faibles, et
les expériences peuvent seulement être réalisées en phases condensées et non
gazeuses. De plus, les sources de
neutrons ne sont pas extrêmement courantes : il faut généralement un réacteur
nucléaire afin de produire un faisceau de neutrons.
b) Instrumentation
En général, la diffraction
de neutrons est réalisée sur des diffractomètres semblables à ceux utilisés
pour la diffraction de rayons X. Mais les sources sont de natures très différentes.
Les mesures de dispersion
des neutrons de l'eau lourde, ont été réalisées sur le spectromètre 7C2 du
réacteur Orphée du laboratoire Léon Brillouin à Saclay (France).
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