Université
Paris X - NANTERRE
Maîtrise
: Histoire de l'administration
publique
(1er semestre de
l'année 2000-2001) - 3e partie, titre II, chapitre
1
Chapitre 1
Le port d'armes
¶ I - Dans l'Antiquité
L'Antiquité a développé
l'idée que le citoyen était soldat mais qu'en
même temps la civilisation imposait que les armes soient
exclues des lieux civiques.
¶ II - Sous les Francs et l'Ancien
Régime
- Chez les Francs les mentalités sont
totalement étrangères à cette optique. Les
armes expriment la liberté et la dignité de l'homme
qui participe à la vie du groupe. Le principe franc
était que les hommes libres participaient en armes aux
assemblées qui, d'ailleurs, ne distinguaient pas le groupe
armé de l'institution délibérante.
- L'Ancien Régime est tributaire de cet
archaïsme barbare. Certes, une abondante législation
condamne le port d'armes, surtout le port d'armes à feu. En
fait, l'abondance même des textes démontre la
difficulté de les faire respecter.
- En fait l'obstacle premier vient de ce que la
noblesse, mais aussi une grande partie de la population,
revendique pour des raisons de distinctions le privilège de
porter une arme. Cette tendance a laissé une
séquelle dans l'arme d'uniforme indiquant une situation
honorifique (par exemple, l'épée de
l'académicien).
- A noter, sans qu'il soit possible de
développer ici ce sujet, l'importance ambiguë de
l'arme dans la culture sacrificielle des Chrétiens :
intermédiaire entre l'outil du supplice (la croix) et
l'instrument meurtrier (le glaive), elle exprime ce qu'il faut, en
Occident, entendre par le sacrifice : tuer en offrant sa vie,
thème majeur dans la tradition occidentale du massacre
guerrier depuis la bifurcation des Croisades entre le martyre et
la mort militaire (relire Ernst Kantorowicz).
¶ III - De la Révolution à
1939
- La période est cruciale : fin du
privilège nobiliaire de porter un arme (lien avec le
développement des sports de combat), conquête
populaire du droit de chasse, difficile pacification politique
(révolutions), crises sociales (mouvement ouvrier),
modernisation et miniaturisation des armes (distinction des armes
visibles ou dissemblables), etc.
- La question de la définition de l'arme
se pose. Qu'est-ce qu'une arme : une épée
décorative ou un objet décoratif mal utilisé?
Le Code pénal a ainsi établi le principe que tout
objet utilisable pour tuer ou blesser pouvait, par destination,
devenir une arme. Dans cette optique, d'implication très
actuelle, un chien (qui est juridiquement une chose) peut
être considéré comme une arme s'il est
dressé en ce sens).
C'est aussi l'époque des guerres modernes,
industrialisées. Une catégorie d'armes se
détache désormais, qui ne peut concerner que la
guerre, internationale et civile. On verra bientôt que l'un
des problèmes fut d'armer une partie de la Nation pour
maintenir la stabilité politique.
- On a aussi découvert les
différences locales dans le comportement violent. En 1850,
compte tenu de ce que la Corse (1/160e de la population)
était le siège de 1 homicide volontaire sur 9, une
loi avait établi pour 5 ans, l'interdiction totale des
armes dans l'île. Son succès lui valut d'être
prorogée jusqu'en 1868.
¶ IV - Depuis 1939
- Depuis 1939, on s'efforce de gérer la
question, par une classification minutieuse des armes. 8
catégories ont été créées. Les
3 premières concernent les armes de guerres, la 4e, les
armes de défense, la 5e, les armes de chasse, la 6e, les
armes blanches, la 7e, les armes de tir et la 8e, les armes
historiques et de collection.
- L'acquisition et la détention des armes
des 4 premières catégories sont soumises à
une autorisation fournie par le commissariat de police ou la
gendarmerie.
Pour les autres armes, l'acquisition et la détention sont
libres mais le port est soumis à une autorisation
(problème : distinguer le port du transport)
- Les problèmes majeurs viennent de la
catégorie des armes de défense (4e) et des armes
blanches (6e). Ainsi les armes et alarmes à grenailles sont
de la 6e catégories, mais une arme d'alarme à
grenaille à percussion annulaire est de la 4e
catégorie! Les objets devenus armes du fait de leur
utilisation sont de la 6e catégorie.
- A noter que les armes dont la détention
est autorisée ne peuvent être portées sans
autorisation.

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cours